Le bien et le mal

LE BIEN ET LE MAL

 

 

Le bien et le mal n'a pas le même sens chez les spinos que pour les aristos.

En fait, pour les spinos cette notion est toute relative alors qu'elle est un absolu (un absolu transcendant) chez les aristos. C'est pourquoi, le spinozisme préfère parler de bon et de mauvais ! Il y a des choses et des actions qui sont bonnes pour moi, pour un groupe, pour la société et d'autres qui sont mauvaises...

En quoi peut-on dire qu'une action ou une chose est bonne ?

Elle est bonne à partir du moment où elle m'apporte de la joie et du contentement et qu'elle accroit ma capacité d'existence ! On dit que le bon est ce qui compose avec nous, un groupe ou une société, alors que le mauvais est tout ce qui décompose un individu, un groupe et la société...

C'est très important parce que ça nous différencie grandement des autres. Les aristos n'ont en fait aucune réflexion à faire parce que de toute façon ce qui est bien est toujours bien et ce qui est mal l'est toujours aussi. Il suffit donc de suivre... voire d'obéir à des règles et des principes et tout le monde ira au paradis solaire !

Ce n'est pas le cas pour le spino conscient qu'il est (bah ! ouais vous avez tous passé votre primo texto) que nous sommes pris dans un tissu de causes et d'effets et que cette causalité qui peut être bonne pour un être vivant ou autres peut aussi bien être très mauvaise pour moi ou pour un autre être vivant...

A l'opposition des valeurs Bien et Mal se substitue la différence qualitative des types d'existence Bon et Mauvais :

>>> Bon - ou libre ou sage ou fort - est ce qui s'efforce d'organiser les rencontres, de s'unir avec ce qui convient à sa nature, de composer son rapport avec ce qui est combinable à lui et par là d'augmenter sa puissance. L'homme bon est donc celui qui cherche ce qui est bon pour lui et il le fera d'autant mieux qu'il s'efforce de connaitre.

>>> Mauvais - ou esclave ou ignorant ou faible - ce qui vit au hasard des rencontres, se contente d'en subir les effets, quitte à gémir et à accuser chaque fois que l'effet subi se montre contraire et lui révèle sa propre impuissance. Or, à force de rencontrer n'importe quoi sous n'importe quel rapport croyant qu'on s'en tirera toujours avec beaucoup de violence ou un peu de ruse, l'humain peut à peu risque de se détruire lui-même par ignorance ou par culpabilité et de détruire les autres à force de ressentiment, propageant partout sa propre impuissance et son propre esclavage, sa maladie, ses poisons. Il en vient à ne plus pouvoir se rencontrer lui-même et certains finissent même par se suicider.

Moraliser ou juger les actes selon les principes du bien et du mal consiste à ne pas vouloir ou pouvoir comprendre l'ordre des causes. Contre la Morale aristo du bien et du mal fondé sur des principes préétablis, le spinoziste suit une Éthique du bon et du mauvais cherchant à connaitre les causes.

Alors... hein ? Il ne s'agit pas de rejeter le bien et le mal, ce qu'un aristo définira comme bien peut tout aussi être bon que mauvais ! Donc... faisons attention à ne pas faire la même erreur que les aristos en réinterprétant le bon et le mauvais comme étant un absolu !

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site