VIE DE MONJOURAT

La vie de Monjourat

> Préface.

J’écris ce récit car il est le témoignage de la vie du premier homme qui s’est fait Homme. C’est lui qui déchira les chaînes de sa passion pour comprendre que son jugement ne devait se soumettre ni à un dogme, ni à une intime conviction, ni à une passion, mais suivre un chemin par lequel se faisait la démonstration de ce qui était bon ou mauvais. Ce qui était bon ou mauvais n’était ni définit par son dogme, ni par son intime conviction, ni par sa passion, mais bien parce qu’il se fixait lui-même comme limite dans le respect de sa liberté et de celle des autres.

Cet homme est devenu Homme en découvrant la liberté, il s’est fait Sage en Le révélant aux autres hommes. Voilà l’histoire de sa vie, qui vous montre combien il fut dur pour lui, en ces temps troublés, de devenir ce qu’il fut au jour de sa mort. Ainsi, il renonça à toute une part de son passé pour mieux donner de l’espoir à l’avenir des autres.

Il choisit l’anonymat à la célébrité qu’il avait acquise sous un autre nom en Egypte, auprès de Saladin, et ce pour que son message ne soit pas trahit par son passé. Je devrais donc m’abstenir d’écrire ce livre, mais maintenant qu’il est mort, et que ses disciples se comptent sur les doigts de la main, en cette dix-huitième année du quatorzième siècle, il est temps de laisser une trace avant que les disciples de la Grande Ecole de Spinoza ne soient plus qu’un souvenir perdu dans les aléas du temps.

Ce livre est le témoignage de sa vie pour qu’un jour, tout homme puisse s’en saisir et n’aie plus à refaire le cheminement de Montjourat pour atteindre la lumière. Et aussi, car un jour, la terre portera un messie qui prendra le nom de Spinoza. Et ce jour là, Spinoza découvrira que des hommes avant lui ce sont fait Homme, et que ces Hommes l’ont attendus afin qu’il montre aux hommes le chemin de la Liberté, de la Substance, de la Vérité et de la Connaissance rassemblée dans un même corpus.

En attendant Spinoza, nous nous efforçons de révéler à l’humanité des parties, pas encore réunies, de la Sagesse que Montjourat nous a enseignée. Nous utilisons, comme il le faisait, le récit de la vie de Christos racontée par son fidèle Daju, le seul qui sut révéler Christos tel qu’il fut réellement en son temps.

Pierre-Pons de Mirabelle.


> Prologue.

Moïse vécut une enfance heureuse. Il naquit sous le soleil de Cordoue où il faisait bon vivre en cette année 1148, année de la treizième année de celui qui prendrait un jour le nom de Montjourat lorsqu’il arriverait en terre de France. Sa route fut longue avant d’arriver en région franque : il ne passa pas les cols des Pyrénées depuis l’Hispanie mais fit un voyage qui le mena d’Andalousie au Maroc, du Maroc à l’Egypte, de l’Egypte à la Palestine, de la Palestine à Chypre, de Chypre à l’Anatolie, de l’Anatolie à la Perse, de la Perse au delta du Nil, et de du delta du Nil à… l’Artois !

Son nom, Moujourat, il le doit à son cheminement philosophique et à un sens aigu de la dérision. Il racontait lui-même qu’en sa jeunesse, il prit conscience du fait qu’il était un individu à part entière -et pas seulement un membre de sa communauté- le jour où il fut traité de « sale petit rat » par un soldat Almohade qui le bouscula dans la rue. Il en garda une affection particulière pour les animaux et il en domestiqua un qui, toute sa vie durant, veilla qu’il ne soit jamais empoisonné.

Il eut aussi un grand plaisir à marcher toute sa vie au travers de paysages merveilleux et il marcha longtemps ! Près de dix longue années : principalement lorsqu’il quitta l’Egypte, à 69 ans déjà pour marcher dix ans en Orient alors qu’il s’était fait passé pour mort auprès de sa famille restée à Fostat (aussi nommée Memphis). Suite à son périple, il décida à 79 ans de s’établir en terre franque, pour une raison contée plus loin.

C’est là qu’il rencontra ses quatre disciples qui lui survirent à ce jour. Je pourrais vous définir en long et en large toute sa pensée, mais l’enseignement qu’il donne du Sens Premier, il aimait le raconter telle une histoire. Par ailleurs, il n’était pas prosélyte : pour lui, seuls les hommes qui étaient prêts à devenir Homme pouvait s’engagé dans la Grande Ecole de Spinoza.

Monjourat aimait profondément l’école. Pas pour y enseigner mais pour apprendre. Ecouter, c’est ce qu’il aimait le plus faire. Et quand il parlait, il prenait toujours le temps de s’écouter, comme pour mieux peser ses mots, et mieux en saisir le sens profond. Cela dit, il aimait aussi « bavarder », disons le franchement : il parlait parfois pour ne rien dire ! Il aimait tantôt de dire des poèmes aux arbres et nuages, tantôt palabrer du goût d’une cervoise trop acide, ou d’un vin trop âcre à la taverne du village.

Parfois aussi, il consommait la boisson plus que de raison. A un jeune prêtre trop bien vêtu que pour fréquenter les tavernes qui le sermonnait sur son abus d’alcool, il répondit que le vin ouvrait sa raison à une partie du divin, que même un curé ne pouvait percevoir. Et que lui ne pourrait jamais percevoir le divin, même s’il se mettait à boire plus que tout le Poitevin ! Ce à quoi le prêtre répondit qu’il parlait trop, et qu’il pardonnait au vieil homme alcoolique qu’il était, mais que, s’il avait été jeune, il aurait appelé l’inquisition pour qu’elle mette un terme à sa vie de jeune poivrot !

« De qui parles-tu en disant « vieux » ? Tes paroles sentent le renfermé : elles sont rancies depuis la mort d’Aristote, et c’est moi que tu traites de vieil homme ? Tu ne sens dont point combien ta fin est proche ? » « Tu me menaces !?! cria le jeune prêtre. » « Oh que non, lui dit Monjourat, je ne fais que te dire qu’en réalité, il n’y a de jeunes et de vieux que ce qui se définit comme tel. Ainsi, sache que tout jeune que tu es, un jour tu vas mourir, et que le hasard faisant parfois drôlement les choses, il se pourrait donc que tu partes avant moi ! »

Entendant ces mots, le tavernier retira sa bière à Monjourat, et le mit à la porte. En fait il avait en affection le plus âgé de ses consommateurs et il sentait que le curé perdait ses moyens. Il venait de lui sauver la vie, « pour le peu qu’il lui restait à vivre » se dit-il. Sur ce, en retournant derrière son bar, il vit que le curé s’était écroulé… Nul ne sait ce qui c’était passé… Aucun coup ne semblait lui avoir été porté…

Puis une petite, puis une immense tâche rouge de sang apparut sur la cuisse du jeune prêtre dont le cœur avait cessé de battre. Il s’était mortifié la cuisse avec un cilice mais Monjourat avait du trop l’énervé, car il avait planté son cilice trop profond dans sa chaire et avait sectionné la « rivière de sang de la jambe droite », difficile à sectionner dans un combat à l’épée mais que ce jeune prêtre avait, par le plus grand des hasards, trop mortifié en voulant contenir sa colère contre ce qu’il considérait être la lie de l’humanité, humanité qu’en plus il se devait d’envoyer au paradis pour pouvoir s’y assurer une place lui-même.

Ainsi vécut Monjourat en France : aimé du quidam à qui il donnait son affection et son écoute et dénigré par les moralisateurs de tout poil. C’était ainsi qu’il finit sa vie : sans aucune morale mais avec beaucoup d’éthique. Voici le récit de sa vie, du jeune Moïse au vieux Monjourat, en passant par le vénéré Maïmonide.

Chapitre I : La vie du jeune Moïse en Andalousie.

Chapitre II : La fuite au Maroc.

Chapitre III : La longue vie de Maïmonide en Egypte.

Chapitre IV : Le mort-vivant descendant de l'Admor Daju. (Découverte de l’Evangile de Daju)

Chapitre V : La mort au bout du chemin (voyage en Palestine, prise de conscience de l’immanence de Dieu)

Chapitre VI : La pierre brisée contenait une pépite de cuivre (voyage à Chypre, découverte des principes atomistiques)

Chapitre VII : Le voyageur qu’on ne rattrape pas (voyage en Anatolie, découverte des principes modistes)

Chapitre VIII : Les milles et une étoiles de Persépolis (Voyage en Perse, découverte des principes naturalistes).

Chapitre IX : Le calcul vénitien (Voyage vers l’Artois, découverte des principes cabbalistes)

Chapitre X : Ainsi parlera Spinoza.

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